11h53 CEST
02/06/2026
Finaliste de Wimbledon en 2021 retombé à la 105e place mondiale en raison de blessures à répétition, l'Italien Matteo Berrettini est redevenu "The Hammer" à Roland-Garros, où il reverra les quarts mercredi cinq ans plus tard.
La puissance du service et du coup droit du Romain, 1,96 m pour 95 kg, comparable à un "marteau", son surnom, l'a propulsé à la 6e place mondiale en janvier 2022, après une demi-finale perdue à Melbourne contre Rafael Nadal.
Mais depuis, une litanie de blessures (pied, poignet, abdominaux...) et de malchance l'a éloigné de son potentiel. Comble du malheur, alors qu'il venait de remporter le tournoi du Queen's, il a raté Wimbledon en 2022 en raison d'un test positif au coronavirus, laissant passer ce qui ressemblait à sa meilleure chance de sacre dans un tournoi du Grand Chelem.
L'Italien n'avait plus revu Roland-Garros depuis un quart de finale perdu en 2021 contre Novak Djokovic. Le revoici à nouveau aux portes du dernier carré, qu'il intégrera en cas de succès contre son compatriote Matteo Arnaldi (104e).
Avec ce come-back auquel personne ne s'attendait, Berrettini, 30 ans, est en train d'écrire l'une des plus belles histoires de cette édition 2026, marquée par l'élimination précoce des favoris et l'émergence d'une nouvelle génération de talents.
Il sera le joueur le plus mal classé à disputer les quarts de finale porte d'Auteuil depuis le Russe Igor Andreev, alors 127e, en 2007.
- Nouvel entraîneur -
"Le tennis est l'amour de ma vie, si ce n'était pas le cas, je ne serai pas ici, a déclaré le joueur après sa victoire en 8es contre l'Argentin Juan Manuel Cerundolo (56e). Après tous ces revers, toutes ces blessures, tous ces moments difficiles, j'ai réussi à revenir une nouvelle fois."
Le Romain a montré quelques signes positifs plus tôt dans la saison, avec des victoires contre Daniil Medvedev à Monte-Carlo (6-0, 6-0), ou le Kazakhstanais Alexander Bublik à Miami, mais sans jamais aller loin dans un tournoi.
Il a aussi réorganisé cette année son équipe, avec l'arrivée de l'entraîneur suédois Thomas Enqvist, l'ancien N.4 mondial, pour soigner un corps fragilisé, et un esprit perclus de doutes.
Le déclic s'est produit durant la première semaine de Roland-Garros, disputée sous une chaleur caniculaire propice aux surprises. Lors d'un marathon de 5h13, il a sauvé deux balles de match au troisième tour face à l'Argentin Francisco Comesana (102e), pour s'imposer 7-6 (7/3), 5-7, 6-7 (4/7), 6-4, 7-6 (15/13).
- Confiance -
"En arrivant au tournoi, je n'avais pas la confiance que j'avais il y a quelques années, mais je sens que je suis en train d'en accumuler", a-t-il expliqué.
"J'ai souvent eu l'impression que mon corps était là, mais que mon mental n'y était pas, puis que mon mental était là, mais que mon corps n'y était pas. Il faut beaucoup de choses pour jouer son meilleur tennis, pour rivaliser à ce niveau-là", a-t-il détaillé.
Son parcours illustre bien le paradoxe d'une délégation italienne qui pour la première fois compte trois représentants en quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem, avec Flavio Cobolli (14e) en plus de Berrettini et Arnaldi... en dépit de l'absence de ses deux joueurs les mieux classés, le N.1 mondial Jannik Sinner, éliminé au 2e tour, et Lorenzo Musetti (11e), forfait car blessé.
"Quand tu joues pour toi même, ça ne compte pas vraiment contre qui tu joues. Bien sûr, si tu joues un compatriote italien, c'est un peu plus délicat. Mais ça fait partie du jeu, a estimé Berrettini. On est sûr qu'un Italien ira en demi-finale. C'est bien pour les fans italiens."